Le Bien Public – 03/10/2017 – Côte-d’Or Agriculture

Semur-en-Auxois : Yolaine de Courson à la rencontre des agriculteurs de la 4e circonscription

C’est à l’école hôtelière de Semur-en-Auxois que Yolaine de Courson, la députée de la quatrième circonscription de Côte-d’Or, a donné rendez-vous samedi matin à une quinzaine d’agriculteurs du territoire dans le cadre des États généraux de l’alimentation. Rencontre.

Côte-d'Or - Agriculture Semur-en-Auxois : Yolaine de Courson à la rencontre des agriculteurs de la 4e circonscription

Crédit photo : E.B

Qu’ils soient installés dans le Châtillonnais, dans le Montbardois ou l’Auxois, la quinzaine d’agriculteurs qui a participé, samedi matin, à la table ronde organisée par Yolaine de Courson, députée de la quatrième circonscription de ­Côte-d’Or, l’ont tous reconnu : les temps sont durs pour la profession.

En organisant cette première ­rencontre, qui devrait donner suite à d’autres au cours des prochains mois, la députée a souhaité donner la parole à ces professionnels pour tenter de comprendre, mais surtout de trouver avec eux, des solutions afin d’améliorer leur situation.

« Dans le cadre des États généraux de l’alimentation, il m’a semblé important que les habitants de la quatrième circonscription soient entendus et puissent aussi faire avancer le débat », a indiqué Yolaine de Courson, qui a annoncé que l’objectif de cette table ronde, au-delà de dresser un bilan, était aussi d’identifier ses atouts, de les valoriser et de repartir avec au moins cinq propositions qu’elle enverrait ensuite au ministère.

1 Sortir de sa ferme

« Déconnectés » : voilà l’un des mots qui a frappé Yolaine de Courson et son suppléant, Étienne Jobard, lors de la rencontre. « C’est un mot très fort », a-t-elle lancé à l’attention du groupe. Jean-François Cortot, agriculteur installé dans le Montbardois, le confirme : « Cette mauvaise image que nous avons auprès du public, notamment les producteurs de viande, on la ressent ». Des propos que la députée comprend parfaitement, disposée à faire évoluer la situation et à réconcilier la population avec les éleveurs. « Cela passe par plusieurs axes : en sortant de vos exploitations, en allant voir les autres professionnels, en allant à la rencontre de la population, en l’accueillant chez vous aussi lorsque vous faites de la vente directe. Il y a tellement de possibilités. »

2 La relation avec la distribution

Conscient des difficultés rencontrées par le monde agricole, le directeur du Super U de Venarey-Les Laumes, Maximilien Vaubourg, tente régulièrement de mettre en avant les produits locaux (viandes, fromages, etc.). « J’essaye aussi, de temps en temps, de faire venir les producteurs directement en magasin. Les clients apprécient cette proximité et cette possibilité d’échanger avec eux », résume le jeune homme. « À mon niveau, je veux aussi être un acteur du circuit local, en recréant un modèle de distribution. »

3 Redéfinir le système des aides

Sauver la situation actuelle par des aides, oui. « C’est même nécessaire », n’a pas caché Régis Taupin, président de Charolais de Bourgogne. « Si on veut se remettre en positif, c’est la seule solution. » Évoquées, les aides au maintien paraissent une alternative possible, tout comme le fait d’avoir un label. « On pourrait demander que l’on ne parle plus d’aides. Trouver un autre mot dans cet esprit de soutien et de coup de pouce serait sans doute plus positif », a suggéré la députée.

4 Revoir les appels d’offres

« Dans bon nombre de domaines, les appels d’offres constituent parfois la solution pour relancer l’économie locale et donner un coup de pouce aux entreprises », lance la députée, en donnant l’exemple des artisans. Mais à la question, pourquoi ne pas le faire aussi dans le milieu agricole, les professionnels ont immédiatement réagi.

« C’est très dur pour nous de pouvoir obtenir un appel d’offres », lancent-ils unanimes. Cantines, hôpitaux, sites touristiques… « Il y a trop de critères à respecter. Le prix, la qualité, qui, selon moi, sont des points nécessaires pour faire la différence. À l’inverse, certains points comme les caractéristiques du camion qui transporte les produits sont complètement improbables », indique un agriculteur de Baigneux-les-Juifs, qui regrette de ne pas pouvoir rivaliser avec d’autres offres, notamment étrangères. « Pour réussir, il faudrait qu’il y ait une harmonisation des normes au sein même de l’Union européenne, pour espérer avoir notre chance. »

5 Adapter la production à la région

Dans le nord Côte-d’Or, l’un de nos atouts, c’est la mixité (les céréales et la viande). « Il faudrait peut-être penser à développer cette complémentarité dans nos filières. » « C’est aussi à nous de trouver les bonnes variétés adaptées à notre région », lance un petit groupe, qui s’est lancé dans la luzerne sur le plateau de Baigneux, l’une des rares espèces à pouvoir être développée sur la zone. « Pour résister, il faut savoir rebondir ! »

 

Élodie Bidault

 

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