Le Bien Public – 30/11/2017 – Côte-d’Or Santé

Centre hospitalier de haute Côte-d’Or : le flou règne encore

 

Mardi, en fin d’après-midi, la réunion entre l’intersyndicale (CGT-CFDT-FO) et l’Agence régionale de santé (ARS) a accouché d’une souris. L’agence ne s’est pas encore positionnée sur le plan de retour à l’équilibre soumis, il y a un mois, par la direction du centre hospitalier de haute Côte-d’Or (CH-HCO).

 

 

Crédit photo : Christelle Pommeret

 

Il y a un mois, l’Agence régionale de santé (ARS) s’était engagée à rendre sa décision d’ici fin novembre. Avec une interrogation sur toutes les lèvres : va-t-elle oui ou non valider le plan de retour à l’équilibre financier soumis par la direction du centre hospitalier de haute Côte-d’Or (CH-HCO) ? Il faudra encore patienter. À l’image de ce dossier, les choses sont un brin plus complexes.

Guéguerres politiques

Début novembre, François Sauvadet, président UDI du conseil départemental, a montré ses muscles. Il a pointé l’attitude « partiale » de l’ARS « qui a accéléré sa décision de mettre en place un contrat de retour à l’équilibre financier sans nous y associer ». Et de prévenir : le Département ne sera pas « la variable d’ajustement du désengagement de l’État opéré par l’ARS sur le sanitaire ». D’ailleurs, il n’exclut toujours pas de quitter le groupement hospitalier de territoire (GHT21-52), « ce qui ne sera pas sans conséquences », prévient-il.

Toujours d’après lui, il serait faux de prétendre la présence « de longues listes d’attente pour des lits d’Ehpad (1) en haute Côte-d’Or ». Une manière de répondre à des élus – la sénatrice UDI Anne Catherine Loisier en tête – qui ont évoqué, dans une motion transmise à l’ARS et au Département (lire Le Bien public du 14 novembre) l’existence d’une liste d’attente en Ehpad de 50 personnes sur le seul site de Saulieu. Qui ment, qui dit vrai ? De son côté, Marianne Detalminil, secrétaire départemental Force ouvrière, ne souhaite pas « une guéguerre des chefs ».

L’ARS planche toujours sur le projet de la direction

Pour avoir son mot à dire, François Sauvadet a exigé une réunion tripartite avec l’ARS et le CH-HCO. Une réunion au sommet qui ne s’est toujours pas tenue. « Pour l’instant, je n’ai pas de retour de la préfète sur l’organisation d’une réunion », assure-t-il. En revanche, il doit rencontrer le directeur général de l’ARS début décembre.

En attendant ces rendez-vous, c’est le stand-by à propos du plan de retour à l’équilibre financier. L’ARS planche toujours sur le projet, « qui constitue une bonne base de travail » en nécessitant toutefois « des approfondissements avec la direction d’une part et avec le Département d’autre part sur son volet médico-social », informent les services de l’agence.

De son côté, l’intersyndicale (CGT-CFDT-FO) espère que ses revendications seront également prises en compte, au moins en partie. Sinon, la réunion, ce mardi, avec Jean-Luc Davigo, directeur de l’organisation des soins de l’ARS, n’aura été qu’un coup d’épée dans l’eau. Sans parler de toutes les mobilisations organisées.

Les syndicats veulent une décision avant le 18 décembre

Si l’intersyndicale parle d’« un dialogue », d’une « écoute » et de « beaucoup de notes prises par Jean-Luc Davigo », elle s’est montrée très claire sur un point : la décision de l’ARS doit être prise rapidement – « même si elle est brutale », glisse la représentante FO. Précisément avant la tenue des instances hospitalières (2) qui commencent le 18 pour se terminer le 21 décembre avec le fameux conseil de surveillance, à 18 heures, sur le site d’Alise-Sainte-Reine.

Cette attente génère « une tension pas possible au centre hospitalier », une « ambiance de merde » parmi les personnels de santé. Et un flou artistique. « On veut une ligne de conduite », observe Flavie Marinelli. Et avoir des réponses claires, nettes et précises, comme tout le monde dans cette affaire : « Quels services vont être impactés ? » « Dans combien de temps le CH-HCO sera-t-il à l’équilibre (la CGT parle d’un déficit de 5,2 millions d’euros) ? ». Quid enfin de l’accompagnement des CDD non renouvelés (3)  ? À ce sujet, Yolaine de Courson, députée de la quatrième circonscription de Côte-d’Or, veut un « accompagnement individuels des personnes concernées. » Elle s’est rapprochée du directeur de Pôle emploi Montbard-Châtillon et attend à ce sujet des propositions de l’ARS et de la direction du CH-HCO pour un travail collectif.

 

(1) Le Département est compétent en matière de personnes âgées.

(2) Des instances dans lesquelles les syndicats ne disposent que d’une voix consultative.

(3) 46, comme le nombre de départ en retraite et de CDD qui seraient non renouvelés dans les prochaines semaines. D’après l’intersyndicale, il faudrait se séparer d’environ 40 CDD supplémentaires sur les cinq sites (Montbard, Vitteaux, Alise-Sainte-Reine, Châtillon-sur-Seine et Saulieu) pour laisser la place aux titulaires des services fermés.

Damien Renoulet

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