Seul le prononcé fait foi

Monsieur le secrétaire général pour les affaires régionales,

Mesdames et Messieurs les sénateurs,

Monsieur le président du conseil départemental,

Monsieur le maire,

M. le président de la Communauté de Communes,

Mesdames et Messieurs les élus,

Messieurs les dignitaires de la légion d’honneur, de la médaille militaire, et de l’ordre national du mérite,

Mon Colonel commandant de la compagnie de la gendarmerie de Montbard,

Mon Colonel délégué général du souvenir Français de la Côte d’Or,

Madame la directrice de l’office national des anciens combattants et victimes de guerres,

Messieurs les présidents des associations d’anciens combattants et de victimes de guerres,

Messieurs les anciens maquisards,

Mesdames et Messieurs,

C’est toujours émouvant de se retrouver dans ce lieu empreint de gravité. Cela fait 75 ans que nous commémorons nos morts, mais la force du souvenir est toujours aussi vive. 75 ans après, nous n’oublions pas les 37 hommes qui sont morts non loin d’ici. Ils étaient de nos villages, mais ils ne sont jamais retournés auprès de leurs proches.

La forêt et ces grands arbres qui respirent aujourd’hui la sérénité sont la mémoire vivante de combats qui nous bouleversent encore aujourd’hui.

En arrivant ici, on ressent l’histoire qui pèse sur les lieux. Cette histoire, c’est celle du maquis, c’est l’histoire des Châtillonnais qui ont décidé de rentrer en résistance, c’est l’histoire de ces hommes parfois très jeunes qui se sont battus jusqu’au bout pour la liberté. Ce lieu qui fait partie de notre ADN collectif est un marqueur essentiel de notre territoire. On peut comprendre pourquoi ceux qui cherchaient refuge aient choisi cet écrin de verdure.

Ici, ils ont vécu pendant plusieurs mois, coupés de leur village, de leurs familles et de leurs amis. Ici, ils ont organisé la résistance, ici ils ont espéré un avenir meilleur, loin de la barbarie et des soldats ennemis qui dictaient leur quotidien.

Et à l’aube de la Libération, alors que certaines régions de France voyaient déjà approcher la victoire, ils ont tout donné pour livrer une dernière bataille qui les a conduits à la mort. On peut imaginer cette forêt si calme où des hommes ont vécu dans le secret, résonner tout à coup du bruit des combats et de la fureur des bombardements. Ces héros ont alors mis en œuvre toutes leurs forces pour vaincre la barbarie. 37 y ont laissé leur vie. Leur courage remarquable, mérite tous les honneurs. Nous nous employons à le saluer chaque année depuis trois quarts de siècle et nous poursuivrons ce travail de mémoire.

Il y a trois jours, les commémorations du 6 juin ont rassemblé les vétérans sur les plages de Normandie. Comment ne pas être touché par les visages et les parcours de ces hommes qui ont vécu la guerre. Certains de ceux qui sont morts ici, auraient eu le même âge que ces vétérans aujourd’hui. Ils ont pourtant choisi de donner leur vie en sacrifice pour la paix et la liberté, pour notre paix et notre liberté.

Ces hommes sont une leçon de courage pour tous nos jeunes. Ils ont mis la France et la défense de leur pays au-dessus de tout, au-dessus de leur vie, en décidant d’entrer en résistance, quitte à être considérés comme des « terroristes », comme l’écrivait la presse à l’époque.

Entrer en résistance, c’était faire le choix de dire non. Non à la fatalité, non à la barbarie, non aux ignominies causées par le régime nazi. Ces jeunes étaient des révoltés assoiffés de justice, des êtres habités par un idéal de paix et de liberté.

N’oublions pas que nous leur devons aujourd’hui cette paix, acquise au prix de leur vie. Sans eux, sans la lutte acharnée de tous les soldats morts et blessés lors de la guerre, nous ne serions pas là, dans cette forêt, à leur rendre hommage paisiblement.

J’ai eu l’honneur d’assister à la cérémonie d’hommage aux Invalides des soldats Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, morts début mai au Burkina Faso lors d’une opération de sauvetage d’otages. Ils nous rappellent qu’aujourd’hui encore des jeunes se battent pour défendre notre pays et nos concitoyens. Ils sont un exemple pour tous, à l’image des morts de la forêt de Châtillon

Ils nous rappellent aussi que la paix acquise en 1944 au prix de nombreuses vies est fragile. En ces temps de montée des sentiments de repli et de nationalismes exacerbés, n’oublions pas qu’il y a trois générations, des hommes sont morts pour que la paix et la liberté triomphent. Le maquis, c’était le lieu de la solidarité et de l’entraide, valeurs qui nous sont chères ici dans les territoires ruraux mais que nous avons tendance à laisser de côté, poussés par la montée des individualismes. En rendant hommage à ces morts, souvenons-nous de ce qui fait de nous un peuple uni et fraternel.

Ce lieu continuera de porter même après notre passage le souvenir de ces hommes. Il est le témoin immuable depuis 75 ans du courage de ceux dont nous honorons la mémoire.

Je vous remercie

Discours pour le 75ème anniversaire de la bataille de la forêt

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :