Quelle est la vision de l’agriculture que tu défends ?

L’agriculture et l’alimentation vivent aujourd’hui des transitions importantes. Notre territoire doit prendre le virage pour ne pas être en reste des belles opportunités qu’elles représentent. Dans ces transitions, il faut garder en ligne de mire l’amélioration de la rémunération et des conditions de vie et de travail des agriculteurs. Il faut aussi restaurer la confiance de la société dans les pratiques et les produits issus de l’agriculture.

Quel est le constat pour la Côte-d’Or ?

En termes agronomiques, le territoire de la Haute Côte-d’Or est qualifié de « zone intermédiaire » dont le potentiel « quantitatif » (en terme de rendement, de volumes, etc) est susceptible de s’affaiblir dans le contexte de changement climatique. Ce constat ne doit pas être un constat d’échec mais une prise de conscience que la course au productivisme n’est pas une solution pour nos territoires. Si le potentiel quantitatif est faible, c’est sur le potentiel qualitatif des productions que nous devons mettre nos efforts.

Comment répondre à cela ?

Cette qualité ne se décrète pas, elle se construit en rapprochant les agriculteurs, les transformateurs et les consommateurs dans des démarches de filières. Typiquement, dans le cadre du Contrat de Transition Écologique, nous accompagnons ces démarches de rapprochement et de réflexion conjointe. Il s’agit de mieux comprendre ce que le consommateur demande, à quel prix, et comment les acteurs de la production peuvent y répondre. Cette valeur supplémentaire peut prendre différentes formes : des productions locales, un élevage bovin à l’herbe et centré sur le bien-être animal, le recherche de production de qualité en terme gustatif, etc. La transition écologique et le changement de consommation alimentaire sont donc au cœur de cette création de valeur pour la nouvelle agriculture.

Un rapprochement entre consommateurs et producteurs est-il possible ?

Ce rapprochement entre consommation et production agricole est possible. Il est même déjà à l’œuvre à l’échelle du département. La Métropole du Grand Dijon est candidate pour les Territoire Innovation Grande Ambition (TIGA). Son projet porte sur le développement d’un modèle alimentaire durable à l’échelle de la métropole. Dans ce cadre, Dijon et sa métropole doivent se rapprocher des territoires ruraux, lieux de la production, et notamment de l’Auxois qui abrite un modèle de polyculture élevage assurant une certaine autonomie des exploitations ainsi qu’une préservation des prairies permanentes. L’objectif est donc de créer un véritable partenariat et une solidarité entre zones urbaines et rurales, en conjuguant le projet TIGA avec le Contrat de transition écologique.

Comment cela se concrétise ?

Les collectifs d’agriculteurs et de transformateurs se mettent en place et s’organisent pour mettre en œuvre ce nouveau modèle agricole. Le statut de GIEE (Groupement d’Intérêt Economique et Environnemental) est particulièrement adapté pour porter ces initiatives à travers des collectifs d’agriculteurs. Nous accompagnons leur structuration, notamment pour deux filières : la viande bovine et la production de sarrasin.

Entretien avec Etienne Jobard, mon suppléant

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