COMPTE-RENDU DE LA REUNION DU MERCREDI 5 JUIN 2019

Audition de Camilo Arias Goeta, consultant We Tech Care, et de Léa courtois, conseillère auprès de collectivités territoriales

Dans son propos introductif, la Présidente définit l’inclusion numérique comme l’inclusion sociale dans une société et une économie où le numérique joue un rôle essentiel. Cette inclusion numérique a deux objectifs : d’une part, la réduction des inégalités et des exclusions sociales en mobilisant le numérique et d’autre part le numérique comme levier des transformations individuelles et collectives.

Monsieur Arias Goeta présente We Tech Care, une startup créée par Emmaüs Connect en 2015 pour faire du numérique une chance pour tous et en particulier pour ceux qui en ont le plus besoin. Ses deux principales missions pour l’inclusion numérique sont d’offrir des tarifs solidaires pour permettre aux personnes en grande précarité d’accéder à un forfait à bas coût et d’agir comme organisme de formation pour massifier l’accompagnement numérique des personnes en difficulté. We Tech Care a également développé des plateformes d’apprentissage en ligne, comme « clicknjob » et « lesbonsclics », en collaboration avec Pôle emploi.

Pour lui, la dématérialisation des services publics, notamment dans les territoires ruraux, ne sera possible que si leurs habitants ont suffisamment de compétences et de culture numériques pour utiliser les appareils, éviter les arnaques en ligne, détecter les fausses informations ou protéger leur e-réputation. Dans ces territoires en particulier, les gens ont besoin d’être accompagnés pour que le numérique soit un levier essentiel d’inclusion.

En France, 40% des personnes se disent être en difficulté par rapport au numérique et 7% sont dans une situation d’exclusion totale. L’exclusion numérique touche plus fortement les personnes âgées, sans abri, aux revenus modestes ou en situation de handicap, mais elle concerne toute la population, y compris certains jeunes qui peuvent se retrouver en grande difficulté dans la recherche d’emploi en ligne par exemple. Il attire l’attention sur le fait qu’il ne faut pas croire que la fracture numérique se résoudra avec le temps : les technologies évoluent très vite et même des jeunes pourront avoir besoin d’accompagnement dans les prochaines années.

Pour lui, trois solutions existent : établir un diagnostic sur le niveau d’exclusion numérique, trouver et accompagner des formateurs et lever les freins à l’autonomie, comme le facteur de l’âge, de la situation géographique, du revenu ou du niveau de diplôme.

Madame Courtois explique que la mise place de solutions dans les territoires doit se faire de manière différenciée. Pour cela, il faut mettre autour de la table toutes les parties prenantes pour définir une stratégie collective. Le parti pris de We Tech Care est de faire des collectivités territoriales les chefs de file de la stratégie du numérique car elles seules ont la légitimité pour rassembler tous les acteurs (opérateurs, formateurs en numérique, action sociale etc) et lutter contre les fractures sociales en définissant une stratégie homogène.

Il est plus compliqué de créer une dynamique collective dans les territoires ruraux car il y a moins de structures d’accompagnement, souvent bloquées par des problèmes d’enclavement et de mobilité. Mais des solutions existent, par exemple un bus de services publics, la mise en place de permanences dans les mairies ou des solutions itinérantes développées par des acteurs comme La Poste.

Quatre défis sont donc identifiés : être en capacité d’apporter des réponses différenciées aux ruralités, motiver les publics à se former, clarifier le cadre juridique de l’accompagnement numérique pour éviter des problèmes judiciaires pour les médiateurs numériques et enfin proposer des solutions de formation et d’assistance.

Au cours des échanges, la problématique de l’accès aux outils connectés comme un smartphone ou un ordinateur est abordée. M. Arias Goeta explique que la baisse du coût du matériel facilite cet accès. Pour les personnes qui n’ont même pas les moyens de se payer un smartphone bon marché, des aides sont mises en place par la CAF ou la MSA et des associations comme Emmaüs Connect proposent des solutions de reconditionnement.

Sur la reconnaissance des aidants numériques, les députés soulignent le manque de cadre juridique pour protéger les aidants s’ils font une faute dans une déclaration. M. Arias Goeta indique l’existence d’une plateforme qui met en relation les aidants et les personnes dans le besoin. Celle-ci permet par exemple à certaines personnes qui pourraient se faire aider par leurs proches de disposer d’une aide extérieure lorsqu’elles ne souhaitent pas que leur entourage accède à leurs données personnelles (déclaration d’impôt, démarches médicales en ligne…).

En conclusion, il est rappelé que les mairies peuvent être un bon relais si elles sont connectées avec France service pour être les bras armés de la guerre contre la fracture numérique.

L’ordre du jour étant épuisé et plus personne ne souhaitant prendre la parole, les travaux sont clos.

L’inclusion numérique dans les territoires ruraux

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