Compte-rendu de la réunion du mercredi 26 février 2020

Audition de Jean-Marc Borello, Président du groupe SOS, et de Sophie Le Gal, Directrice de programme.

En introduction, la présidente présente l’initiative 1000 cafés qui est la mesure la plus connue et la plus populaire issue de l’Agenda rural. Ce dispositif ambitionne de revitaliser les communes rurales en ouvrant ou reprenant 1000 cafés dans 1000 communes de moins de 3500 habitants qui n’ont plus de café ou qui risquent de le perdre. Le but est de faire naître des lieux d’échanges dans les villages, au plus près de leurs besoins et de leurs envies grâce à la participation des habitants.

Jean-Marc Borello présente le groupe SOS dont il est président. Ce groupe emploie plus de 18 000 salariés, exerçant environ 70 métiers différents. Présent dans 44 pays et créé il y a bientôt 35 ans, il est actuellement chargé de mettre en œuvre le programme 1000 cafés.

Pour lui, la crise des gilets jaunes est un très bon exemple montrant le sentiment d’abandon des zones rurales qui est, pour Jean-Marc Borello, un sujet majeur. Par ailleurs, l’exode rural est un mouvement qui est terminé depuis plus de 10 ans. Désormais, une grande part de la population urbaine nourrit le désir d’habiter en campagne.

Concernant l’initiative 1000 cafés, le démarrage du projet a été plutôt rapide. En effet, très souvent les mairies achetaient les bistrots en difficulté pour les préserver, mais cela ne suffisait pas à les rendre rentables. Dès le premier mois de lancement du programme, près de 500 mairies ont déposé une candidature. Aujourd’hui, le groupe reçoit environ 14 candidatures par semaine, par des mairies réparties sur l’ensemble du territoire. Mais l’appel d’offre est aussi ouvert aux citoyens motivés : le groupe enregistre 1800 candidatures pour ces derniers, avec des profils très variés. Les seules conditions pour obtenir de l’aide du groupe est d’avoir envie de servir son territoire, puis de suivre un dispositif de formation et un programme de prévention de l’alcoolisme.

L’équipe du groupe SOS se déplace toute la semaine pour faire le tour des mairies et rencontrer les habitants. En parallèle, le groupe négocie avec les grands fournisseurs pour obtenir des prix fixes pour l’ensemble des bistrots. Ils examinent aussi la possibilité d’y intégrer l’accès à certains services (points relais, dépôts de pain…), et l’utilisation de matériel informatique.

Le but est de s’adapter aux besoins des habitants et de garder l’authenticité des bistrots originels, non pas de créer une franchise uniforme. Les gérants seront mis en réseau pour s’entraider si besoin. Le risque entrepreneurial sera pris par le groupe SOS, les gérants étant des salariés du groupe. De plus, les bistrots n’auront pas de subventions publiques, leurs chiffres d’affaires proviendront uniquement de leurs revenus.

Un député demande si les bistrots pourront reprendre des services plus traditionnels qui sont souvent demandés par la population (tabac, loto, PMU). Sophie Le Gal répond que les bistrots ne prendront pas en charge ces multi-services à l’ancienne qui sont nocifs pour la santé publique.

La question des candidatures dans les zones plus touristiques est soulevée. Est-ce que l’objectif du dispositif concerne seulement le développement local ? Sophie Le Gal répond que les critères de sélection ne se fondent pas seulement sur la taille de la commune, mais aussi sur le trafic qui la traverse. La seule règle rédhibitoire est la présence d’un bistrot déjà existant sur la commune.

Un député interroge Jean-Marc Borello sur le délai qui court entre la candidature et l’ouverture du commerce. Dès lors que la commune est propriétaire et que le bâtiment est aux normes, alors l’ouverture peut se faire en 3 mois. Si ce n’est pas le cas et qu’il faut monter un projet immobilier, le montage peut être plus long. Le groupe SOS ne refuse aucun projet mais peut réorienter les candidats vers des structures plus adaptées.

Au cours des débats, il est remarqué que les horaires des gérants de cafés sont usuellement très chargés et qu’il sera difficile d’y faire face avec un statut de salarié.

L’ordre du jour étant épuisé et plus personne ne souhaitant prendre la parole, les travaux sont clos.

Lancement du programme 1000 cafés

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