COMPTE-RENDU DE LA REUNION DU LUNDI 4 MAI 2020
Audition de Gilles Boeuf, biologiste, Professeur à Sorbonne-Université

En introduction, Gilles Boeuf définit le terme de résilience, très usité actuellement, comme la capacité de se régénérer après un traumatisme. Le monde rural, comme l’ensemble de notre système économique et social, doit pouvoir se développer sans détruire son milieu et en harmonie avec son environnement.

Pour que celui-ci soit résilient, deux phases sont nécessaires. Il faut d’abord entretenir et créer une résistance à l’agression pour qu’ensuite l’environnement puisse se régénérer, c’est-à-dire revenir vers son état précédent. Le but de cette démarche étant de trouver un équilibre avec ce qui nous entoure.

L’irrespect constaté pour le monde vivant auquel nous appartenons provient d’un manque d’éducation sur notre propre nature en tant qu’humains. Notre corps est composé d’une substantielle quantité d’eau mais aussi de minéraux et de cellules, comme la plupart des êtres vivants. Notre métabolisme et, en conséquence, notre santé, est le résultat
d’un fragile équilibre entre ces éléments. L’homme est avant tout un animal et doit être plus humble vis-à-vis de son environnement.

Pour remettre cela en perspective, Gilles Boeuf rappelle que nous partageons les deux tiers de notre ADN avec les mouches. Le coronavirus à l’origine de la crise sanitaire actuelle et de la mise à l’arrêt de nos économies est un petit virus qui n’est constitué que de quinze gènes (vingt-six mille pour l’homme).

Il souligne que la santé humaine doit être envisagée de façon transversale en prenant en compte celle des animaux et celle de notre environnement. C’est un équilibre global qui relie ces trois éléments en harmonie. Comme l’illustre la crise actuelle, malmener notre environnement c’est se malmener nous-mêmes.

Selon lui, les décisions politiques doivent mieux prendre en compte ce constat et être éclairées par les recherches de scientifiques de tous bords (biologistes, …) mais également par des philosophes.

Une députée revient sur l’importance d’adopter une vision de long terme qui prenne en compte l’ensemble du monde vivant. Gilles Boeuf répond que des mesures sociales doivent être menées en amont pour appuyer les mesures économiques afin que celles-ci soient soutenues par nos concitoyens.

Une question est posée sur le contenu des réformes à conduire pour décloisonner la considération des trois santés, celles des hommes, des animaux et de notre environnement. Gilles Boeuf répond par l’éducation en remettant au goût du jour les sciences de la vie et de la terre, ainsi que le développement de l’esprit critique.

Un député aborde le sujet de l’élevage, de la consommation de viande et de la gestion équilibrée des écosystèmes. Pour Gilles Boeuf, il faut consommer moins de viande mais de meilleure qualité. Ce changement de nos habitudes alimentaires permettra de mieux gérer la question de la densification des bêtes dans les infrastructures et d’empêcher
le développement de gênes anti-biorésistances. Cela dépend également des propositions qui viendront du secteur agricole lui-même.

Une députée souligne par ailleurs que ces questions doivent être abordées de façon transversale et ne plus être reléguées au second plan des priorités de nos politiques publiques.
L’ordre du jour étant épuisé et plus personne ne souhaitant prendre la parole, les travaux sont clos.

Biodiversité et ruralité

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :